Mine de Hussigny-Godbrange
Mine de Hussigny-Godbrange 

Sainte Barbe 2016

Groupe de mineurs

Galerie

Foration

Quelques notions d'histoire industrielle

GENERALITES SUR LES MINES DE LORRAINE

 

Le site classique d’un Haut Fourneau supposait la conjonction :

- d'un gisement de minerai de fer

-d'une forêt pour le combustible (un haut fourneau était un gouffre de consommation de charbon de bois)

-d'un cours d'eau pour la force motrice utilisée au soufflage du vent au haut fourneau et au foyer d'affinage

Cette conjonction a permis au bassin minier lorrain de  devenir le pôle mondial de production de fonte.

L’extraction du minerai connaît une croissance vertigineuse :

           2 millions de tonnes en 1875

         42 millions de tonnes en 1913

C’est le triomphe de l’acier Thomas !

La méthode d’exploitation se fait parla méthode dite du  traçage,  dépilage et foudroyage.

En 1903, on compte dans l’effectif des mines de Meurthe et Moselle :

         -35% de français

         -53% d’italiens

       -5% de mosellans (à cette période, la Moselle est annexée)

En 1913 : 17 300 mineurs et 28 900 ouvriers du fer

En 1919 : 23 063 mineurs

En 1929 : 34 277 mineurs et 48 millions de tonnes de minerai extrait

Baisse à 21 176 mineurs au moment de la crise et 26.2 millions de tonnes en 1932

Remontée entre 30 et 35 millions de tonnes en 1939

En 1927 : création de la « Société pour l’Etude du Chargement Mécanique dans les Mines de Lorraine ». (S.E.C.M.)

En 1945 : 16 000 mineurs seulement, recrutement de nouveau vers l’Italie.

 

L’ERE INDUSTRIELLE A HUSSIGNY GODBRANGE (historique succinct)

 

(Texte de Luciano Pagliarini, vice-président de AHI)

 

HUSSIGNY GODBRANGE, est une localité dans laquelle le minerai de fer a été exploité depuis fort longtemps.

Dans la forêt de SELOMONT était extrait du minerai de fer fort, plus ou moins superficiel qui était lavé et ensuite transporté par chariot jusqu’à un dépôt de Longwy ; de là le minerai était pris en charge par les voituriers de différentes forges pour alimenter leurs hauts-fourneaux à bois (jusque dans la Meuse,  aux Forges de COUSANCES par exemple).

Ce trafic de minerai fort prit fin vers la moitié du XIXème siècle, relayé par la mise en exploitation progressive des affleurements de minerai hydroxydé oolithique (minette en couche) dans la vallée de la « Côte Rouge ».

L’exploitation minière, c’est essentiellement 3 phases -la perforation et le tir

-le chargement

-l'évacuation tout d'abord à ciel ouvert puis en galerie

La minette, ainsi que les calcaires ferrugineux, aisément exploités à ciel ouvert sur une grande échelle (comme à la « Côte Rouge » en système de gradins disposés en amphithéâtre) furent évacués pendant quelques années en charroi, jusqu’à l’avènement du chemin de fer de la ligne Longwy-Villerupt ouverte en 1878.

La famille LABBE des Forges de GORCY obtient la concession d’HUSSIGNY en 1874 et commence l’exploitation par galeries peu après.

Les produits de cette mine (appelée la vieille mine des anciens) sont acheminés à l’usine de GORCY au moyen de tombereaux tractés par des chevaux (les chevaux tiraient aussi les wagonnets à ciel ouvert ou au fond).

S’avérant une véritable aubaine pour les maîtres de forges qui avaient négocié  le virage en adoptant les hauts-fourneaux au coke, la minette fut de plus en plus convoitée, dans la deuxième moitié du XIXème siècle ; c’est la course  à l’acquisition de terrains à mine et les demandes incessantes en concession.

Les archives concernant HUSSIGNY GODBRANGE font apparaître des noms connus et moins connus. A coté des LABBE de GORCY, déjà cités, nous rencontrons des Belges comme COCKERILL - LA PROVIDENCE (co-concessionnaire)  des Luxembourgeois comme les frères COLLART (hauts-fourneaux à STEINFORT), les Sarrois STUMM et BOECKING, les Français nordistes comme les Hauts-Fourneaux de MAUBEUGE et DENAIN-ANZIN.

Quand le chemin de fer arrive à HUSSIGNY GODBRANGE en 1878, toute la vallée de la « Côte Rouge », depuis REDANGE (en Lorraine annexée depuis 1871) jusqu’à LASAUVAGE est parsemée d’exploitations à ciel ouvert ou souterraines tant sur le versant luxembourgeois que lorrain.

 

La même année (1878), la grande concession de GODRANGE est accordée à un groupement de maîtres  de forges, pour l’essentiel lorrains (D’HUART, DE SAINTIGNON, RATY…).

 

La véritable mise à fruit de cette concession démarre dans les années 1882 et les sociétaires feront de la mine de GODBRANGE une des plus modernes et des mieux outillées du bassin ferrifère (premier roulage électrique dès 1896 avec des locos LEBRUN, pompes puissantes, perforation pneumatique dès avant 1914, accus en béton armé dès 1925, etc.)

HUSSIGNY GODBRANGE a eu aussi son usine à hauts-fourneaux, alimentée en partie par GODBRANGE mais aussi pas les minières situées en face sur le territoire luxembourgeois.

Cette entreprise, créée en 1882 fait apparaître également des noms pour le moins inattendus et extrêmement intéressants pour les historiens du fer.

Ainsi par exemple, la famille POTTECHER, de BUSSANG, comme principal actionnaire de la « Société Lorraine Industrielle » qui gère l’usine de HUSSIGNY.

Il s’agit de la famille de laquelle sont issus le créateur du Théâtre du Peuple et le célèbre chroniqueur judiciaire de la télévision.

Ont officié également à la « Société Lorraine Industrielle », les ingénieurs BRACONNIER et PALGEN, tous les deux impliqués dans « la découverte » du Bassin de Briey…

Ces personnages importants et des faits historiques saillants (début d’installation d’usine souterraine de construction de V 1 en 1944, haut lieu de la grève de 1905) font de la commune de HUSSIGNY-GODBRANGE un terreau fertile pour les travaux de recherche restés embryonnaires à ce jour !

Depuis 1978, toute activité minière est arrêtée à HUSSIGNY-GODBRANGE.

La mine de la  « Côte Rouge » a été liquidée en 1935.

La mine en galeries de HUSSIGNY qui est restée une mine à l’ancienne sans chargement mécanique, a condamné ses chantiers du fond en 1954, mais le restant de la concession est repris par un ciel ouvert mécanisé moderne gigantesque (pelles en butte + Dumpers) de 1957 à 1967.

Depuis 1955, les 3 mines de TIERCELET, GODBRANGE et HUSSIGNY étaient réunies dans le groupement G.T.H. (GODBRANGE-TIERCELET-HUSSIGNY).

TIERCELET et GODBRANGE ont toujours été en pointe du progrès, surtout en ce qui concerne le roulage et le chargement mécanique : chargeuses pneumatiques, estacades de raclage, chargeuses Joy et camions navette, chargeuses et transporteuses sur pneus et camions de 25 t.

 

 

GENERALITES SUR LA MINE DE GODBRANGE

 

(Tirées de la revue de la chambre syndicale des mines de fer de Lorraine 1976)

 

« La société des mines de GODBRANGE concentre son exploitation en couche rouge siliceuse, dans la partie sud de la concession de TIERCELET. Celle-ci s’étend sur une superficie de 769 hectares sous les communes de HUSSIGNY, THIL, TIERCELET, BREHAIN, MORFONTAINE et VILLERS la MONTAGNE, avec un recouvrement d’une centaine de mètres.

Les réserves sont actuellement de 10 000 000 t de minerai dont la teneur est au moins de 33%. En plus de la couche rouge siliceuse, le gisement comprend ne couche calcaire, une couche verte siliceuse et une couche noire siliceuse, toutes trois étant considérées comme inexploitables.

 

Exploitation

Le fond est accessible du jour par des galeries tracées en couche à flanc de coteaux. L’exploitation est conduite en un seul quartier suivant la méthode des chambres et piliers dans un panneau de 1 000 m x 750 m.

Les galeries sont tracées en couche à 8 mètres de large sur 6.5 m à 7 m de hauteur. Les chantiers sont orientés à 45° sur le fil de la mine et à 90° sur les tertiaires. Le front de dépilage est sensiblement parallèle au fil de mine.

Les travaux de dépilage sont menés suivant un planning mensuel précisant les ordres de prise des chambres. Dans l’établissement de ce planning, puis dans la conduite des travaux en recoupe, il est largement tenu compte des mesures de dilatation du toit faites à l’entrée de chaque de recoupe à l’aide de dilatomètres ST 60.

Le matériel mis en œuvre en quartier comprend :

         Deux jumbos de perforation diesel-hydraulique à injection d’air

      Deux jumbos de boulonnage avec nacelle pour ancrage à la résine

         Deux engins de tir avec nacelle élévatrice

         Deux machines à purger en grande hauteur

Trois chargeuses Caterpillar 988

Cinq camions BK 195 MS 17

 

Extraction

Les camions se déchargent au quartier dans une trémie sous laquelle s’alimente un convoyeur extracteur à chaîne qui remplit les wagons. Ceux-ci sont conduits au jour par rames de 110 t de charge utile.

Productions et rendements

La production de la mine de GODBRANGE a varié notablement dans le temps en fonction de la conjoncture économique de la sidérurgie. Une première crise en 1969, a conduit la mine à faire un pas en arrière, face à l’objectif qu’elle s’était donné d’accroître production et productivité.

La crise actuelle a plus durement touché la mine de GODBRANGE puisque sa production pour 1976 n’a que peu dépassé la moitié de sa production en 1974. La productivité de la mine qui jusqu’alors n’avait cessé de croître de façon remarquable, est également affectée.

Sécurité

L’année 1975, a été, en matière de sécurité, particulièrement alarmante.

Si on additionne les 31 accidents avec arrêt, les 59 accidents n’ayant pas entraîné d’arrêt, les 16 accidents qualifiables « d’échappé belle », il s’avère qu’en 1975 il s’est produit 106 événements qui tous auraient pu avoir des conséquences dramatiques.

Pour parvenir à une amélioration des résultats de sécurité, la commission d’hygiène et sécurité se  réunissait régulièrement chaque mois pour l’étude des différents points accidentogènes. »

 

CHIFFRES ET DATES CLES DES MINES DE HUSSIGNY GODBRANGE

 

-1874 : LABBE des Forges de GORCY obtient la concession d’HUSSIGNY et débute l’exploitation par galerie.

-1878 : Ouverture de la ligne de chemin de fer LONGWY-VILLERUPT, toute la vallée jusqu’à LA SAUVAGE (Grand Duché) est parsemée d’exploitations à ciel ouvert.

-1878 : La grande concession de GODBRANGE est accordée à un groupement de maîtres de forges (D’HUART, SAINTIGNON, RATY…)

-1880 -1910 : Travail strictement manuel (perforation, chargement, cassage)

-1905 : Début de la première grève de l’ère industrielle du bassin de Longwy

-Avant 1914 : Introduction de l’air comprimé  (jusque dans les années 50)

-1935 : Liquidation de la mine à ciel ouvert de la « Côte Rouge »

-1954 : Fin de l’exploitation au fond de la mine d’HUSSIGNY

-1955 : Regroupement de l’exploitation GODBRANGE-HUSSIGNY-TIERCELET sous une direction unique et à la pointe du progrès : roulage et chargement mécanique.

Exploitation par un roulage moderne de type métro : artère centrale de 4 km

- Planification intégrale des circulations : 200 trains pas jour

- Installation de dispatching

- Signalisation automatique : 15 aiguillages et 17 signaux

- Commande centralisée électrique de la circulation sur diagramme lumineux

-1957 : Reprise de l’exploitation à ciel ouvert mécanisé (pelles en butte, Dumpers)

-Début des années soixante : le groupement GHT exploite une concession de 1921 hectares sur 3 couches de minerai : rouge, grise, noire dont la puissance varie de 3 à 8 m

- Une exploitation souterraine GODBRANGE avec 120 ouvriers

- Une exploitation souterraine TIERCELET avec 110 ouvriers

- Une exploitation à ciel ouvert HUSSIGNY avec 45 ouvriers

- Des services communs : entretien, roulage, concassage, criblage, expéditions avec 175 ouvriers.

-1967 : Fin de l’exploitation à ciel ouvert de la mine d’HUSSIGNY

-1978 : Fermeture définitive de l’exploitation à HUSSIGNY GODBRANGE

Quelques résultats de production des dernières années :

  1.   769 000 t
  2. 1 168 000 t
  3. 1 006 000 t
  4. 1 172 000 t
  5. 1 263 000 t
  6. 1 343 000 t
  7. 1 470 000 t
  8. 1 398 000 t
  9. 1 244 000 t
  10.   807 000 t

Qui sommes nous ? 

L’A.H.I. (Association d’Histoire Industrielle) ET LE SITE MINIER DE GODBRANGE.

 

Depuis 1996, les principaux activistes de l’Association interrégionale A.H.I. (asbl juridiquement luxembourgeoise) ont exploré, investi et « ré-ouvert » l’ancienne mine de GODBRANGE dont une très grande partie est restée hors de l’eau, malgré l’arrêt de pompage en 1986.

 

De « flibustiers-archéologues » au début, les membres de l’A.H.I. sont devenus des partenaires de la commune de HUSSIGNY GODBRANGE. Cette collaboration a permis un suivi régulier dans les travaux de toute nature (dégagement des entrées, nettoyage, pose de boulons, travaux de maçonnerie, récupération et restauration de matériels d’exploitation, etc.)

Un fait exceptionnel caractérise la mine de GODBRANGE : des kilomètres de voies (gros rails de roulage principal) sont restés sur place. Une chance inouïe pour l’A.H.I. qui a mis en service un train minier (loco diesel + berlines + voitures de personnel).

Les membres font prendre conscience à la municipalité de HUSSIGNY GODBRANGE du trésor enfoui qu’elle possède sous terre.

En 1999, alors que la problématique des affaissements miniers atteint un seuil critique et que les émissaires de la D.R.I.R.E. sont envoyés aux quatre coins de la Lorraine, le contact est établi entre ces représentants du ministère de l’industrie et certains membres de l’A.H.I. qui vont officier comme guides sous terre et consultants historiques et techniques.

A partir de ce moment, les activités de l’A.H.I. sortent du terrain de la semi clandestinité avalisées désormais par la tolérance des pouvoirs publics.

Cette nouvelle donne incite l’A.H.I. et la commune de HUSSIGNY GODBRANGE à proposer des visites guidées aux populations locales.

Un réajustement juridique récent a fait de l’A.H.I. une association française de loi 1901 et tous les paramètres sont réunis pour autoriser une plus grande fréquence des visites.

 

Points forts et spécificité :

 

L’A.H.I. dispose d’engins et d’équipements miniers qui lui permettent de restituer in situ les différentes phases du travail de la mine (jumbo de boulonnage, jumbo de forage, Unimog de tir, chargeuses diverses sur pneus, sur chenilles, engins de transport de personnel, purgeuse, etc.)

Ces engins sont tous en l’état de marche et évoluent à quelques mètres des spectateurs !!!

La mine est restée en l’état, comme si elle avait été quittée hier. L’environnement rude est préservé, la visite reste quelque peu aventureuse. Nous sommes loin des musées-salon archi sécurisés et aseptisés ne correspondant plus du tout à l’ambiance qui régnait dans les mines en activité.

Afin de pérenniser cet état d’esprit et de ne pas céder à la tentation d’instiller du confort artificiel, il est demandé aux visiteurs de signer une décharge, acte par lequel ils adhèrent  à la philosophie du projet.

Ceci dit toutes les garanties de sécurité maximales sont assurées pour qu’aucun incident ou accident ne survienne au cours des visites : ventilation efficace, contrôles systématiques du toit, sorties de secours, accompagnateurs chevronnés etc.

Les visiteurs sont équipés de casque de protection, d’une lampe électrique avec ceinture.

La descente se fait en véhicule à moteur via l’ancienne galerie principale de chemin de fer  de roulage réservé à la sortie du minerai. Après quelques kilomètres, on accède sur une voirie en parfait état et on roule jusqu’au lieu principal de démonstration des engins.

Des explications théoriques sont fournies dans l’ancienne salle de sécurité. On y trouve toute sorte d’outillages, des photos, un espace reconstitué d’un chantier avec mannequin.  Et on évoque aussi les fameuses grèves de 1905 qui ont touché tout le bassin ferrifère de Longwy.

Ensuite, nous passons à la phase de démonstration des différents engins, sans oublier un tir de mine réel.

Près de 2 heures plus tard, on reprend le chemin inverse et on retrouve le grand jour.

Les abords de la mine, à l’extérieur, présentent un grand intérêt aussi. La commune dispose maintenant d’un ensemble de terrains d’un seul tenant qui peuvent être le théâtre de démonstrations d’engins, un peu comme les rencontres internationales de vieux camions ou tracteurs, attirant des milliers de spectateurs par week-end.

Tous ces projets sont à l’étude et certains seront concrétisés dans les années à venir. Il va sans dire que nous accueillerons à bras ouverts toute personne désireuse de nous être utile, de rejoindre notre association ou tout simplement de contribuer à maintenir vivant, tant que faire se peut, le souvenir du passé industriel de HUSSIGNY GODBRANGE et de sa région.

Cette démarche ne se veut pas du tout empreinte de nostalgie, elle est au contraire une nécessité dan le cadre du passage de témoin de ce qui fut une aventure humaine, industrielle, économique, sociale qui a façonné les mentalités, l’architecture, les paysages et qui aura duré un peu plus d’un siècle.

Il est de notre devoir de faire perdurer cette mémoire en hommage à tous ceux qui ont participé, peu ou prou, au développement de ce creuset qu’est le bassin de LONGWY et plus particulièrement HUSSIGNY-GODBRANGE.

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